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Le Blog de L’Adresse

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Terres de Provence : un outil sur mesure et des adresses certifiées

Publié par Sophie le 10/09/2021

Terres de Provence dans les Bouches-du-Rhône : le géomaticien de l’agglomération a développé un SIG à partir de l’outil libre Qgis et accompagne les 13 communes sur l’adresse. Frédéric Seisson explique la démarche et l’importance de certifier chaque adresse.

(*Propos enregistrés avant l’évolution de la certification qui permet de publier une Base Adresse Locale en distinguant les adresses certifiées, ndlr).

Comment avez-vous saisi le sujet de l’adresse ?

Frédéric Seisson : la problématique de l’adresse s’est posée avec l’arrivée de la fibre et les difficultés rencontrées par les livreurs. Dans les communes, il s’agissait souvent d’adresses postales qui n’étaient pas conformes aux dénominations des voies.

En mai 2021, la communauté de communes Terres de Provence a fait le choix de développer un nouveau Système d’Information Géographique (SIG), doté de nouvelles fonctionnalités pour inciter les communes à saisir leurs adresses. Nous ne nous substituons pas aux communes et l’avancée des adresses dépend de leur disponibilité. Certaines communes ont pratiquement finalisé leur adressage et nous comptons actuellement 6855 points adresse et 2581 voies saisies, pour environ 60 000 habitants.

Comment procédez vous ? Et sur quel outil ?

Frédéric Seisson : j’ai programmé davantage de fonctionnalités que les adresses. Nous sommes obligés de créer les voies pour y rattacher les adresses. Le SIG permet de gérer les délibérations, les plaques de rues, l’appartenance des voies — communales, intercommunales, départementales, etc. Nous utilisons Qgis pour le SIG et l’application de 3Liz pour le placer sur le web.

Avez-vous une exigence de qualité sur les adresses ?

Frédéric Seisson : tout à fait, nous positionnons les adresses à l’entrée de la parcelle à l’import par défaut. Les adresses validées sont symbolisées en jaune. En orange figurent les adresses non validées et en rouge les adresses que nous avons détectées en « erreur », c’est à dire qui ne rentrent pas dans les préconisations. C’est le cas par exemple d’adresses dont les numéros ne se suivent pas dans une rue, 1, 10, 2, 3. Il appartient à la commune de vérifier s’il s’agit réellement d’une erreur et si tel est le cas, de la corriger.

Les voies portent également des couleurs : en bleu les voies intercommunales, en orange les départementales et en blanc les communales. Certaines communes ont commencé à relier l’adresse au cadastre sur la base de la sélection de la parcelle qui porte le bâtiment. Je n’ai pas prévu que les communes sélectionnent plusieurs parcelles.

Votre outil est très pratique car les communes repèrent immédiatement ce qui pose problème et les corrections à apporter.

Frédéric Seisson : exactement et actuellement nous pourrions publier toutes les adresses « en jaune » car elles sont vérifiées. Nous attendons que celles en orange et rouge le soient.

Capture d’écran du SIG de l’interface utilisé par les communes sur le SIG de Terre de Provence. Nota : “entrée de ville” signale le panneau d’entrée de ville pour les interventions sur les voies et “Parcelle info” signale une information cadastrale pour aider à placer le point.

Vous avez développé cet outil vous même ? Vous êtes tout seul sur cette action SIG pour l’agglomération ?

Frédéric Seisson : c’est cela. L’outil SIG met à disposition des communes d’autres fonctionnalités comme le Plan local d’urbanisme (PLU), le cadastre, etc. Pour développer l’ensemble de manière précise, il m’a fallu environ un an de travail jusqu’à mai 2021 où nous l’avons mis à disposition des communes. Nous avons signé une convention pour asseoir la gouvernance. Nous développons des fonctionnalités supplémentaires à la demande, sur le modèle participatif.

Et comment s’effectue la publication des Bases Adresses Locales ?

Frédéric Seisson : les communes sont responsables de l’adresse. Chaque fois que nous publions un jeu de données, nous utilisons le formulaire de dépôt afin qu’elles valident la publication en plus des adresses elles-mêmes. Nous préférons cette méthode à un dépôt que je pourrais effectuer moi-même. La commune est responsabilisée aussi à la publication et cela me convient très bien.

Voici la différence avant et après traitement par la commune :

Capture d’écran des adresses dans la Base Adresse Nationale avant traitement — Commune de graveson
Capture d’écran des adresses mises à jour dans le SIG de Terre de Provence — Commune de Graveson

Vous voyez la différence, « avant » correspond aux adresses actuelles dans la Base Adresse Nationale. « Après » montre les adresses corrigées par la commune. Elles ne sont pas encore versées dans la Base Adresse Nationale car la commune n’a pas vérifié l’ensemble de ses adresses.

Vous préférez verser les adresses certifiées

Frédéric Seisson : effectivement, nous avons publié une première Base Adresse Locale. Comme l’ensemble des adresses sont signalées comme certifiées, nous préférons publier la suite lorsque les communes auront vérifié toutes les adresses.

La certification évolue pour répondre à cette problématique : les Bases Adresses Locales pourront être publiées avec un distinguo entre adresses certifiées et non-certifiées (l’évolution est désormais effective et répond au problème souligné dans la réponse précédente, ndlr)

Frédéric Seisson : cette évolution est importante. Nous pourrons ainsi publier les adresses avec la précision de leur certification. La Base Adresse Locale de Cabannes, déjà publiée, ne devrait voir certifiées que les adresses des zones d’activité, que la commune a modifiées. Je pensais que les autres restaient « non certifiées » puisque la commune n’y avait pas touché. Je vais me rapprocher de Maillanne, qui a publié sa Base Adresse Locale, pour vérifier les adresses avec la commune. Je constate que certaines de ses adresses dans des lotissements ne sont pas bien positionnées.

Vous procédez commune par commune

Frédéric Seisson : mon travail est de les sensibiliser sur l’importance de la mise à jour des adresses. Je me déplace dans les communes pour balayer avec elles les difficultés. La mise à jour est également réalisée sur OpenStreetMap car nous avons constaté que des transporteurs utilisaient également ce fond de carte. Dans certaines communes, des voies ne sont même pas adressées : nous les aidons déjà à créer l’adresse, à dénommer toutes les voies. Je me base sur votre documentation en ligne, sur votre aide à l’adressage. Il reste des lotissements où les voies se présentent comme « une fourchette ». Je conseille à la commune de nommer une voie et des impasses. Le problème posé aux maires est de faire changer les adresses aux habitants.

Effectivement nous conseillons aux communes de modifier à minima les adresses afin de limiter les perturbations des habitants. Il n’est pas toujours utile de tout refaire.

Frédéric Seisson : parfois il est impossible de faire autrement. Lorsqu’il existe le même nom pour une impasse et un chemin ou une rue, le risque est grand de se tromper d’adresse. Il faut gérer les « Chemins des parties », c’est à dire les voies entre deux communes. Certaines communes en dénombrent plusieurs, en limite Nord et Sud par exemple, ce qui pose des difficultés pour les livraisons. Nous conseillons à la commune d’en conserver une. Le travail se fait de concert avec la commune voisine.

Avez-vous des souhaits ?

Frédéric Seisson : pas spécialement, à part l’évolution de la certification à l’adresse qui permettra de publier une Base Adresse Locale sans attendre que toutes les adresses soient certifiées. La commune de Graveson* a vérifié 80 % de ses adresses car la personne qui s’en charge pouvait y consacrer du temps en août. Elle pourrait publier sa Base Adresse Locale avec l’indication « non certifiée » pour les 20 % restants. Les 80 % des adresses, fiables, seraient déjà prises en compte comme certifiées par les utilisateurs. Avant la mise à disposition du SIG en mai, cette commune gérait ses adresses dans un tableur en précisant le numéro et la parcelle de rattachement. J’ai espoir que sa Base Adresse Locale soit publiée rapidement par formulaire.

Propos recueillis le 31 août

* Population communale de Graveson : 4 857 habitants, en croissance.

Vue depuis la commune d’Eyragues vers la vallée de la Durance. Cliché Frédéric Seisson
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